"L'Elysée" prend les devants

Publié le par Floudud

Lu dans Libération (page 10, rubrique "Politiques", du 12 septembre 07).

Au sujet de la TVA sociale que Christine Lagarde, ministre de l’Economie depuis la restructuration du gouvernement Fillon, considère comme n’étant pas « propice en France » tandis que Eric Besson, le traitre du PS, juge que le « problème a été mal posé et le débat mal engagé », Muriel Grimellet use d’une tournure à double tranchant : « Reste à savoir le choix qui sera fait entre les deux options par le Premier ministre, et surtout l’Elysée ».

 

Semble-t-il qu’il serait nécessaire d’opérer un petit close-up (un zooooom, in Ingleesh).

Passons les détails et allons droit au but.

Donc Eric et Christine ont été chargés par Super Sarko -que je nommerai désormais SS dans mes prochains articles- de rédiger un rapport sur cette fameuse TVA sociale. Comment ? Certains au fond de la classe ne savent pas de quoi il s’agit ? Souvenez-vous, Nico vous en avait touché quelques mots.

 

Nos deux compères ont donc rendu, ce 11 septembre, leur rapport au principal intéressé : le président de la République. Déjà, l’on pourrait relever 1 point positif : Eric et Christine sont d’accord 1. pour affirmer que l’embauche coûte trop cher à 1 entreprise, 2. que les moyens de financement de la protection sociale doivent être repensés, et 3. que les entreprises françaises pourraient devenir plus compétitives si la loi sur la TVA sociale était appliquée. Rien qu’avec ce dernier point, on voit parfaitement bien où se situent leurs intérêts.

Là où le bas blesse, c’est justement que Christine pense que la TVA sociale ne serait qu’un élément, sous-entendu parmi d’autres, qui pourrait permettre 1 reprise du commerce extérieur Français sur le marché mondial. Eric, lui en bon ancien socialiste –et oui, on ne devient pas UMP du jour au lendemain ! ça se travaille longuement.- pense toujours qu’il suffit d’accoler l’adjectif « social » derrière un nom commun pour que les caisses de l’Etat se remplissent. Subitement.

A la base, ces quelques lignes étaient censées pointer du doigt une drôle de tournure employée dans l’article de Muriel. Rafraîchissement de mémoire oblige : « Reste à savoir le choix qui sera fait entre les deux [rapports] par le Premier ministre et surtout l’Elysée ».

 

Bon, j’ai fait un peu de Sciences Po, de Droit constit et tout plein d’autres trucs qui intéressent en général pas grand monde, et je n’ai jamais, ô grand jamais !, entendu dire que l’Elysée avait son mot à dire dans la direction que doit prendre un projet de Loi.

Certes, le Président signe le décret, ou la loi, une fois qu’ils ont été adoptés par les débats des deux Chambres. Certes, le Président a un droit de véto au cas-où. Certes, il préside le Conseil des ministres chaque mercredi matin. Mais jamais une loi n’est passée entre les mains d’un Président avant qu’elle ne soit passée à l’Assemblée Nationale. Publiquement du moins.

Je n’ai pas souvenirs d’une « loi Chirac » ou d’une « loi Mitterrand » durant leurs mandats. Peut-être ai-je tord ?

 

Mais au cas-où, la France va finir par revêtir le Bleu Roy sous peu !

 

Publié dans Politique Française

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Commenter cet article

Floudud 20/09/2007 18:26

Chacun son tour... à toi de m'avoir donné une idée d'article!Ceci dit, je me demande, en ces troubles temps, si la démocratie est toujours le régime qui dirige la France... En surface, oui, ça y ressemble! Mais dès qu'on creuse un peu, ça commence à faire sérieusement peur! Sans parler de l'omniprésence médiatique, etc.

Nico 20/09/2007 17:18

C'est tout le probleme du super president que tu souleves la... Il controle tout, decide tout, et ecarte du pouvoir tout ce qui pense differemment...Et donc toutes les lois portent l'estampille Sarko ces temps ci... On n'oubliera pas que le CPE etait son idée chouchoute quand meme...