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ZOOMEURS 

 DEPUIS

LE 2AVRIL 2007

Lundi 10 septembre 2007

Je ne sais plus de quelle promotion me vient cette citation : « Après une campagne de vendanges, oui ! on est content que ce soit fini. Mais le sentiment qui prend rapidement le dessus, c’est la mélancolie ».

Tous les ans, je vois défiler une vingtaine de jeunes, plus ou moins sympathiques, intéressants, etc.

Tous les ans, et ce depuis que je suis né, la maison dans laquelle j’ai grandie, s’anime de 20 âmes, souvent complètement déjantées.

Cette année fut un peu particulière pour moi. Après avoir passé quatre années à diriger l’équipe de vendangeurs, il m’était impossible de remplir pleinement cette fonction. Travail obligeait. Matin à la vigne, midi et après-midi, au travail. Faut bien gagner son morceau de pain, ma pauv' Lucette.

Qui plus est, au début, je n’avais pas envie. Pas envie de ces vendanges qui reviennent chaque année plus vite. Pas envie de lier connaissance...  Je sais pertinemment que, quoiqu’il se passe, même si l’on ne s’oublie pas vraiment, chacun vaque à ses occupations et retrouve son train-train rapidement. Bon, je n’ai pas dit que cela se passait comme cela à chaque fois. Mais il y a 98 chances sur 100 pour que finalement, trois mois plus tard en parlant des vendanges, on ne se souvienne plus d’un tel « Oh, merde ! comment il s’appelait, celui-là… ». 
Cette année, j’avais décidé de ne pas trop communiquer.
Mais j’ai craqué. Un peu.
Essayer de laisser quelqu’un comme moi, animal social-type, seul, alors qu’il entend une vingtaine de jeunes de son âge en train de faire les cons sous sa fenêtre. La tentation m’aura donc vaincue… et puis je ne le regrette pas.

Il faut bien dire que cette année fut rythmée par des « trucs-qui-n’arrivent-que-chez-les-autres » : participation à la campagne de 2 étrangères, venues spécialement en Beaujolais depuis l’Italie et Berlin pour s’adonner aux joies de la serpette, anniversaire dignement arrosé, vols (non pas en avion ni en ULM… chapardages si vous préférez), dépôt de plainte, garde à vue…

Oui, oui ! Vous lisez bien. Cette année, la famille D. et la Gendarmerie ont appris à faire connaissance. 

Comme j’ai tendance à le dire, chaque année à son lot de petits trucs qui font qu’on s’en souvient. 2005, c’était l’ambiance et les beuveries, 2006, c’était tout autre chose. 2007 sera l’année des vols et insultes et de notre soudaine complicité avec les forces de l’ordre. Bizarre, n’est-il pas, de remarquer que l’on peut-être fan, certaines fois, de la Police.

Mais je vous rassure, je ne retiens pas que cela. 

De mon point de vue semi-externe, j’y ai découvert un groupe soudé. Quand j’y repense, il y avait de fortes similitudes avec 2005 : teufs, alcool, couples, etc. Sauf qu’en 2005, j’avais participé. Bon, là, je ne pouvais pas me le permettre. Mais si j’avais pu, je serai venu jouer aussi.

J’y ai rencontré des gens que j’ai su apprécié, et qui, je l’espère, auront su m’apprécier à ma juste valeur. Surtout que je suis persuadé que certains ne voyaient en moi que le fils du patron, donc forcément un rapport à l’autorité, renforcé par mon statut dans les vignes : chef de rang.

Le rôle de chef est souvent super ingrat. Tu dois tout doser correctement pour ne pas passer pour un salaud, mais rester ferme.

Enfin, ceci dit. Cette promotion 2007 ne fut pas trop chiante à supporter. J’ai connu bien pire.

 

Finalement, et après bien des brouillons pour savoir comment j’allais angler l’article que je vous avais promis, je me suis rendu compte qu’il m’était impossible de faire un vrai papier sur les vendanges de cette année. Pourquoi ? car j’y ai assisté. J'ai donc été impliqué et je ne saurai pas être objectif. Et ça, je ne le veux pas. Le billet d'humeur est donc finalement plus adapté à ce type d'article.

Ce que je peux faire, néanmoins, c’est juste donner quelques petites phrases (ou faits) que moi, j’ai retenu. Les protagonistes se reconnaîtront.

-         « J’essaye de communiquer en tapant par terre ! Mais ça marche pas… »

-         « Vado a provare di parlare Italiano, ma se provai di parlare Francese… »

-         « J’en ai marre, à cause de Jordane, tout le monde m’appelle Mamy »

-         « Hé ! t’oublieras pas de parler de ma technique de vidage dans ton article »

-         « On emploie des adjectifs épithéliaux… »

-         « Des fois, chez moi je suis sûr ma terrasse, et je bois de la bière »

-         « T’es un peu comme Rantanplan : t’attends la soupe à la fin de la journée. »

-         « Non mais j’ai dû payer 135€, et en plus, j’me suis payé un fossé ! »

-         « Mais nous, on n’a jamais été interrogées par un journaliste »

-         « Soit t’es raciste, soit t’aime pas ma gueule » (j’ai répondu que j’aimais pas sa gueule… avec le choix imposé, j’avais rien de mieux à dire !)

-         « T'es quelqu'un de bien. Et ça, j'le dis pas à tout le monde.»

 

Bon, certes, ce ne sont que quelques anecdotes, qui me concernent, moi. Du moins, il s'agit souvent de phrases que j'ai relevées au gré de mes conversations. Certaines, que j'ai rélevées en écoutant les conversations des autres.
 

Alors maintenant, à vous d’y ajouter les vôtres.

Pour la photo que je voulais mettre, désolé, mais le serveur merde, et les photos ne passent pas :s

 

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