Flo, le retour, aux commandes...
O-ri-gi-nal. Sois original, Flo, pour cet article. Non mais c’est vrai, y’en a marre des articles sans style… surtout s’il s’agit d’une réflexion sur la
menace qui pèse sur notre chère langue.
Mercredi, j’ai maté l’émission L’Arène de France brillamment présentée par Machin (ire au nid… C’est pitoyable ? Ouais, je sais !). Mais
si, vous savez, l’extra-terrestre du PAF, le pote de Lily, Juan, Stéph’, Caro ou encore Bébert. Vous voyez toujours pas ? B’en vous loupez rien : je parlais de Stéphane Bern.
C’était à ce moment opportun que je voulais, à l’origine, ouvrir une parenthèse sur la carrière Bernoise, mais je me suis ravisé et, finalement, je la ferme
avant même de vous emmerdez avec sa vie. J’allais surtout encore m’égarer pour rien dire. ‘fin bref, comme j’dis le temps.
Je désirai, à la base, m’exprimer sur la menace qui plane(rait) sur la langue de Molière.
« Rapport à l’actu ? » me demanderez-vous. Et bien, souvenirs-souvenirs, ne serions-nous pas en pleine période de baccalauréat ?
Héhé…
Question de départ : le Français se perd-il ? Ma réponse (comme ça, si vous avez pas envie de perdre ¼ d’heure, vous pouvez passer à autre chose.
J’su un amour, je pense à vous…) : non, et non !
Pourquoi ? car il existe divers niveaux de langage : le Français soutenu qui, soyons honnêtes, n’est même plus parlé par les coincés du
XVIème ; le Français dit « courant ». Bon, celui-là, tout le monde le parle, le comprend car il est courant… autrement dit, il est utilisé heu… couramment ; et on finit par le
Français dit familier.
Bon, alors pour que tout le monde il comprenne bien la différence de style (comment je m’exprime trop bien !) :
-langage soutenu : « Monsieur Besson, comment vous portez-vous (avec la liaison), aujourd’hui ? » ;
-langage courant : « Ca va, monsieur Besson ? » ;
-langage familier : « Wesh man. Va bien ? ».
A la réflexion, je me demande même s’il n’en existerait pas un quatrième, de niveau… Enfin bref, je reviendrai dessus plus tard.
Pour l’instant, je voulais dire, et surtout affirmer, que non, la langue française n’est pas en danger. Que ceux qui s’insurgent de la disparition du
Français se rassurent : dans trois mois, on parlera encore Français en plein cœur de Paris (je parle pas de la greluche lâchement enfermée en prison because pas de driving license,
hein !).
Ce que je remarque, par contre, c’est qu’il y a un glissement.
Le langage familier des années 50 est notre langage courant actuel. Ainsi, j’imagine que si, en 1950, un mec s’approchait et demandait à une donzelle
« Ca va ? », tout le village allait le qualifier de grossier personnage. Idem, quand on clamait à une assemblée que l’on se rendait « au boulot », certaines
s’évanouissaient devant de tels propos infâmes ! Rappelons qu’aujourd’hui, la norme est « d’aller au taf ».
Donc, je le répète, pour que vous le compreniez bien, le Français ne fait qu’une seule et unique chose : il évolue. Point barre.
Je continue… Avant-hier, dans cette sublime émission qu’est L’Arène de France, quand j’entendais des commentaires du genre « Il y a un
snobisme de la langue française de la part des Français. On cède trop facilement au « Prime-Time » car c’est Anglais, et que ça fait bien ! » b’en je rigole au
début. Puis après, je m’insurge.
Non, mais c’est vrai à la fin.
Bon, oui, je veux bien l’admettre, il y a beaucoup d’anglicismes dans notre langue. Mais merde, c’est avant tout une preuve d’évolution. Darwin n’aurait pas
trouvé mieux à dire d’ailleurs ! A l’époque où l’on vit, et bien oui, il faut être un tant soit peu honnête avec soi-même. On est dans l’ère de la mondialisation, dominée par une culture
Anglo-saxonne. Il est donc normal qu’il y ait des transferts entre les langues et que des mots Anglais viennent s’incruster par chez nous. Bon, je dis pas que c’est bien ou mal, mais
honnêtement, qu’est-ce qu’on s’en tape, non ? Tant qu’on a encore le droit de parler…
Par contre, ce qui est plus grave, c’est que les jeunes ne sachent plus écrire un texte de trois lignes sans faire la moindre faute. Certains trouvent que le
Français est bien trop difficile, bourré d’exceptions à la con. Oui bon, dans un sens c’est vrai. Ces mêmes personnes voudraient donc refondre tooooout pour tout simplifier ! Heu… b’en
désolé mais là, non ! Faut arrêter les conneries cinq minutes et puis réfléchir à tout ce qu’impliquerait une telle décision. La richesse de notre langue est un acquis qui date de centaines
d’années. Faut donc surtout pas revenir en arrière car ce serait tout notre héritage culturel qui en prendrait un sacré coup. Et puis nous qui avons appris à mettre des pluriels là où il y a
besoin, b’en on saurait plus communiquer, ni écrire pour être à la mode. En plus, au nom de quoi on nettoierait tout ? B’en au nom de gamins trop fainéants pour ouvrir un
dictionnaire et retenir que « pôle » s’écrit avec un accent circonflexe alors que « polaire » n’en prend pas. Bon, là, je viens de taper gratuitement sur des gamins qui n’y
sont pas toujours pour quelque chose. Mais est-ce toujours la faute de nos instituteurs si les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas qu’à « généralement », il n’y a qu’un
« l » ? Je ne crois pas. Car oui, on aime bien aussi leur taper dessus à ces bestioles. Si on reste en surface, le truc logique c’est « si mon mioche sait pas écrire,
c’est la faute à la maîtresse ! », « Môman, ouiiin, la maîtresse elle a été méchante avec oim ! Je dois copier cent fois « mille est invariable. Je ne
mettrai plus de « s » à mille milliards de mille sabords » ». Logique que, pour ceux de cette trempe-là, les instits soient la pire espèce qui soit et qu’ils doivent bien
avoir une quelconque part de responsabilité. Mais si, finalement, cette bizarre espèce qu’est le professorat n’y était pour rien ?
Au mois d’octobre étaient sortis des chiffres étonnants dans Marianne (j’ai pas retrouvé les références exactes). La rédaction avait sorti une
enquête à faire frémir un Jules Ferry dans sa tombe en se basant sur les résultats des tests de niveau que l’on passe à notre entrée en classe de 6ème. Malheureusement, je ne suis
pas parvenu à retrouver ledit article : c’est le bordel dans mes archives. Mais, coup de bol de chez coup de bol…
J’ai acheté cet après-midi le dernier numéro du Point (daté du 7 juin). Sur quel sujet fait-il sa couv ? Et bien je vous le donne en mille
(sans « s », mille est invariable) : « Education : enquête sur un désastre national ». Vous me direz : « Rien
d’étonnant, proximité du baccalauréat oblige ! »
Bref, donc de multiples points sont développés dans ce long papier. Bien entendu, on cherche à remettre la faute de ce désastre sur tout un chacun :
cela va des gouvernements de gauche aux enfants, en passant par les IUFM, les instits… j’en passe et des meilleures. On apprend que la France se situe au dix-huitième rang mondial en matière
d’éducation (rendez-vous compte, derrière la Bulgarie et la Lituanie… comme s’ils n’avaient pas droit à un enseignement de qualité, à l’Est !) ; on découvre que la suppression de la
carte scolaire est THE solution pour réduire les inégalités (sic ! qu’on ne vienne pas me dire que tous les journalistes sont objectifs !) ; on affirme également que ne pas
renouveler le nombre d’enseignants partant en retraite jusqu’en 2013 (de quarante à cinquante mille par an) est THE solution pour lutter contre les problèmes d’illettrisme qui sévissent
actuellement.
Mais ce qui m’a bien plus intéressé sont les chiffres que j’avais déjà trouvé dans Marianne en octobre (ce sont pas ceux dont je vous parlais mais
ils illustrent bien mon propos).
Je vais donc vous accabler de chiffres cinq minutes.
Chaque année en France, il y a six-cent mille candidats au baccalauréat.
93% des candidats qui se présentent obtiennent leur bac en un, deux ou trois ans (y’a des boulets, quand même !).
Un septième, soit environ 15%, des élèves qui quittent le CM2 ne maîtrisent ni les bases du calcul, ni –et pour moi, c’est le plus grave- les bases de la
lecture. Dîtes-vous bien que si vous prenez un groupe de sept-cents gamins âgés de 11-12 ans qui iront au collège à la rentrée prochaine, une centaine d’entres-eux ne sauront pas vous lire sans
aucun problème « J’étudie pour avoir un bon travail, quand je serai plus grand ».
Si l’on continue dans les chiffres, les trois-quarts des élèves du secondaire (collège et lycée) ne maîtrisent pas le programme de l’année d’avant et 17%
sont en « grande difficulté » (reste encore à définir cette expression !).
Je finirai avec les chiffres sur ceux-ci : en 2000, des professeurs ont imposé une dictée à des élèves de terminale. Précision importante, s’il en est,
cette dictée avait été proposée en 1988 au Brevet des Collèges. En 2000, ¼ des élèves obtenaient 0/20. A noter que le barème était fixé à un point retiré par faute ; logiquement, pour le
brevet, il s’agit de deux points par faute. Plus affligeant encore : la promotion de bacheliers 2004 décrochait un 0 pointé dans la moitié de ses effectifs.
Quand vous voyez une copie d’un gamin de 13 ans (j’en ai vu une y’a pas longtemps), c’est à faire peur ! Je pensais pas que c’était à ce point-là. Pour
illustrer le propos, vous pouvez aller sur n’importe quel forum tenu par des mômes ou autres blogs, vous lisez. Et là, vous vous dîtes, et c’est chose normal, que les gônes s’en battent de
l’orthographe car ils sont sur le net. Mais en fait, ils s’en battent complètement même si c’est pas sur le net ! Ainsi à la question posée dans une interro d’Histoire « Décrivez en
quelques lignes la société féodale en France » (programme de 4ème ou 5ème, je sais plus !), on vous parlera de « serre », de « paj »,
« d’écuiliers », de « sainieur »… Enfin, vous imaginez le topo, en gros. Alors du coup, j’en viens à mon quatrième niveau de langage, celui que je mentionnais y’a un moment
déjà : le langage « internet »…
Ce langage internet est à différencier du langage sms, même si je pense que le premier s’est inspiré du second.
Bon, je m’enflamme, et je pourrai parler des heures durant. Donc je vais peut-être m’arrêter là et vous laisser à votre réflexion.
N’hésitez pas à la coucher sur « papier », et à me l’envoyer par le biais des commentaires…
Mais donc pour moi aller au taf est du familier. Et si on me demande ce que l'on dit "en étant dans la norme" je réponds : aller au travail.
Et heureusement le vocabulaire soutenu (et je dis bien vocabulaire plus que langage) s'emploie encore. Et j'entends bien plus : "comment vous portez-vous ?" que "Wech man. Va bien ?"
Sinon effectivement l'orthographe est assez pitoyable pour nombre de personnes ! Et c'est vraiment effrayant !