De la tyrannie journalistique

Publié le par Floudud

Je suis toujours en train de lire M. Masure. Un passage vient de m'interpeller, tiré d'une citation de Louis de Bonald, décédé en 1840. Le voici (le passage, pas Louis):

"Les journalistes décorent du nom de liberté la tyrannie de leur opinion qu'ils imposent à la crédulité du public devenu esclaves de leurs erreurs, de leurs préjugés et de leurs passions"...

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A méditer, amis journaleux qui me lisez. Quant aux non-journaleux, comment nous considérez-vous, nous qui vous "manipulons"?

Publié dans Société

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G
Concernant le journalisme citoyen, pour l'instant...peu de bloggueurs sont côtés, à part Birenbaum and co, qui sont déjà immergés dans le milieu journalistique ou l'édition...donc le phénomène blog ne touche pas tant de gens que ça, même si, il est vrai, le phénomène tend à se développer, mais jusqu'où ?Pour ce qui est de la crise, je ne songeais pas à la situation actuelle, mais aux deux années qui vont venir...Et entre nous, si Sarko a été élu, c'est grâce à sa propagande communicationelle, celle qu'il s'est offert le luxe de construire pendant 20 ans, en liant des amitiés plus que discutables avec des décideurs pas très honorables. Ce luxe là, il vaut bien plus que deux jours à Malte (100.000 euros sans les repas)... Pouvoir et médias, voilà une relation incestueuse qui gangrène le journalisme. J'en veux pour preuve la méfiance grandissante que les gens ont pour la profession. D'où la baisse des ventes. En clair, si les gens n'achètent plus de journaux, c'est en partie à cause des mecs qui détiennent ces mêmes canards...Mais comme il est utopique de penser que la concentration prendra fin, la seule alternative pour nous, c'est d'évoluer sur les supports médiatiques alternatifs. L'avenir du journalisme, il est sur Internet, qu'on le veuille où non. Et je ne parle pas de journalisme citoyen...Les vrais journalistes se doivent de combler la brèche et prendre cette trajectoire, sinon...Concernant Libé, c'est un journal que j'adore, vraiment, je lui accorde une valeur sentimentale, je prends plaisir à le lire, je me régale, et j'espère un jour y bosser, et pourtant, je suis de centre-gauche pro-Bayrou. Remarque, c'est n'est pas incompatible, car je suis du même avis que Joffrin, pour qui l'avenir, ça doit être un grand parti social-démocrate, dont on a les bases avec François. Mais tu as raison...c'est bête mais je ne sais pas encadrer Sarko, et fatalement, le journal que j'aime le moins, c'est le Figaro, bien qu'il y a d'excellents journalistes qui y travaillent.Concernant la promo...chacun a sa vision du métier. La mienne est respectueuse. J'ai une "certaine idée" du journalisme, comme dirait l'autre...L'indépendance avant tout !
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G
(oui, j'avais préparé...mais ça m'a servi par la suite seulement...).J'ajouterais aussi que je ne vois pas le problème à ce qu'un journaliste développe son opinion, du moment qu'il se base sur des faits assez équivoques, vérifiés, et qu'il garde à l'esprit en chaque instant la déontologie de son métier...Le plus grave, selon moi, ce n'est pas d'être subjectif, mais plutôt de s'accoquiner avec les politiques et les groupes de pressions, et les affaires...Ce qu'un certain président, lui, ne se gêne pas de faire. Hélas, le journalisme risque de connaître dans les deux ans à venir une sale période. Le tout, c'est de résister, et de jouer notre rôle au moment où la machine déraillera...car elle va dérailler.2009 sera une année terrible.
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F
Entre nous, en se basant sur les gens qui sont ou étaient dans la promo et sur l'enseignement que l'on a reçu, crois-tu que beaucoup vont respecter dans 90% des cas notre charte?Si je veux m'appuyer sur un exemple concret, combien de personnes ont été "accusées" de plagiat pour le dossier d'Histoire du premier semestre? Combien de personnes, dans notre groupe, pipeautaient lorsque Martinet nous réclamait ses trucs à la con?Comme tu le dis, la subjectivité n'est pas grave en soi car bons nombres de journaux sont affiliés à un parti politique... Si tu achètes Libé, tu es de gauche donc ton avis de journaliste sera obligatoirement là pour satisfaire les lecteurs de gauche. C'est l'inverse pour le Figaro. Quant à la crise que traverse le milieu du journalisme, je ne suis pas entièrement convaincu que l'élection ou le retour dans le paysage politique de Sarko y soit pour quelque chose. Ca fait des années que le milieu traverse une grave crise, et je pense que c'est la surinformation qui en est la cause... Notamment par la création de ces ptites merdes, les blogs... et du "journalisme citoyen". N'est pas journaliste qui veut!.. non?
G
Pour rebondir sur le propos pertinent de Marianne, j'ajouterais que l'objectivité est utopique, donc impossible. Rien de tragique là-dedans. De toute façon, le métier d'un journaliste, c'est de brosser le lecteur dans le sens du poil... Les gens lisent un canard pour y retrouver leurs idées, si le journaliste s'en écarte, les lecteurs sont mécontents.Je dis que le journaliste doit être subjectif, contrairement à ce que l'hypocrisie ambiante veut véhiculer... La presse d'opinion et d'investigation est la seule qui a encore de l'avenir... Notre autre intérêt dans cette société, c'est de déranger, au delà de l'information, de "porter la plume dans la plaie".Et puis, dès qu'on se saisit d'un stylo, il y a une marque de subjectivité évidente...Le geste n'est pas anodin, loin s'en faut.
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F
Ca nous ramène à la première règle que Marie No nous a apprise (comme quoi, elle a pas servi QUE a rien, not' Marie No nationale) : nous écrivons pour un lectorat.De toute façon, dans notre monde, tout le monde a un avis sur tout, même sans forcément connaître les "dossiers"... donc il n'est pas forcément évident de "convaincre" les gens ou bien encore de les informer car ils croient savoir.
G
Très bon bouquin, bien documenté, par un excellent journaliste.Je l'avais lu pour préparer le concours à l'ISCPA. Ca m'a proté chance =)
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F
T'avais préparé quelque chose pour le concours, toi? Hé b'eh...Moi, j'avais lu ce bouquin en 1ère année de fac de comm. J'avais bien aimé, faut juste que je le retrouve parce que ça commence à remonter.
M
Je suis entièrement d'accord avec toi Florent, un journaliste est tout sauf objectif. Mais, sans vouloir entrer dans un débat purement philosophique, existe-t'il sur cette Terre un seul être humain qui pourrait se dire objectif ?...Je crois en effet qu'il est dans la nature même de l'homme de prendre parti, d'avoir une opinion. Et c'est ici que le journaliste intervient ! Ce qui le distingue des "autres" c'est en effet sa capacité d'analyse. Il ne se contente pas de donner son opinion (ce que toute personne normalement constituée est capable de faire), il expose des faits, les analyse avec pertinence et en tire des conclusions. Bien entendu, cela va s'en dire qu'il en profite pour y glisser certaines de ses idées, mais de manière très subtile.Ainsi, pour conclure dans mon analyse personnelle de ce passionnant métier qu'est le journalisme (je suis très objective, n'est-ce pas...), je dirai que bien qu' ayant une prise de position, le journaliste s'efforce tout de même de transmettre l'information le plus objectivement posible. Et puis, cela n'est-il pas formidable de manipuler les gens au seul moyen de l'écriture ?...
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F
Je crois que tu as tout dit ;) Et la manière subtile employée pour donner son avis est vraiment des plus subtile, en effet!